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Accompagner & Cie…

 » Ne te demande pas ce dont le monde a besoin. Demande – toi ce qui te rend vivant et va le faire. Parce que ce dont le monde a besoin, c’est de plus de vie … » Howard Thurman

Commençons par une petite autopsie étymologique. Ses racines nous viennent du latin : campagnonem, de com– ensemble et – panem, pain, celui qui partage le pain. Et pour que ça lève et nourrisse, quelques règles de savoir vivre

Avant d’accompagner mon proche-un, je me dois d’ être au clair avec moi-même. Accepter d’être parfaitement imparfaite Apprendre à reconnaître ces peurs profondes qui affleurent dans l’ombre de ce qui me blesse encore. Les mettre en lumière et veiller sur elles. Oser l’art et la manière d’être « belle toute nue ». Rayonner plutôt que briller. Merci à ma petite reine !

« Parce que celle de l’autre est déjà prise » ( Sacha Guitry).

En m’engageant à accepter ce qui est. Sans pouvoir rien changer. Ni ceux que j’accompagne, ni la situation. Je soutiens, je guide, j’encourage. Je me mets simplement au service de la personne et de son entourage en respectant les besoins, les envies et le libre-arbitre de chacun en toute chose. Une recommandation absolument vitale : sans soi-nier !

Lorsqu’un doute survient, je replace juste les choses en me demandant quelle peur il y a derrière cette hésitation. Attentive à considérer la personne dans son entièreté quand elle est trop souvent réduite à un état, un cas, un numéro

Jacques * à dit : 1 + 1 = 3 ! (* Salomé )

Lui + moi = la magie d’une rencontre. Un double élan consenti vers un apprivoisement mutuel. Deux individus indivisibles avec l’envie de tisser pas à pas la trame d’une relation alchimisée par la proximité de la mort. Puisque mon  » je  » ne peut exister sans son  » tu « . «  Le moi s’éveillant par la présence de l’autre  » (Gaston Bachelard).

Quand j’assiste aux funérailles de quelqu’un que j’ai accompagné, tous les récits qui content sa présence au monde, ses manières plurielles d’avoir été en lien, d’avoir osé aimer et être aimé m’enchantent. Et enrichissent tellement l’histoire que nous avons partagée. Laquelle continue de parler à travers moi

Puisque accompagner, c’est toujours et à jamais faire circuler la vie entre tout ce qui est vivant. Face à quelqu’un dans l’incapacité de s’exprimer, je sais au plus profond de moi que ma seule présence dissipe la solitude. Je me sens subtilement reliée et cette relation mutuellement habitée, me fait du bien et me fait grandir. Je deviens quelqu’un digne de confiance et profondément chanceuse de recevoir en dépôt ces parts d’humanité la plus dépouillée et la plus vraie. Le chemin de celui qui meurt me met en route vers d’autres horizons que moi-même. Au travers de ce qu’il traverse, il m’invite dans cet Au – Delà au-dedans de chacun de nous. Cet accompagnement qui s’initie dans les ombres de la vie, devient un présent hors du temps, le cadeau précieux d’  » une éternité ante-mortem « . Oui,  » L’art d’accompagner est sacré «  (Eric Dudoit)

Ces quelques règles de base sont le fruit de toutes les leçons de choses que la vie m’a délivrées. Sa générosité fut incroyable lorsque j’ai intégré mon dernier poste d’infirmière en Maison d’Accueil Spécialisée, sur ces terres sauvages et tant aimées de Lozère. Un autre monde. Une cour de récréation où chaque jour était miracle. Je me suis émerveillée de l’ingéniosité facétieuse du Vivant à se manifester au travers de corps et psychés si différents des miens. Curieuse et admirative de ce qui animait et fleurissait dans le jardin intérieur de chaque résident. Tous m’invitaient à puiser au plus profond de moi-même des trésors insoupçonnés, à être et à faire avec ce qu’ils étaient à l’instant -T. Aussi dépouillés de nos atours qu’affranchis de nos rôles, pour devenir leur égale, je me délestais naturellement de mon égo. L’ébauche d’un sourire, le murmure d’un gazouillis me faisaient fondre. Touchée-coulée. Alors, pour finir en beauté, la question qui tue : Que serait l’humanité sans les mains qu’ils nous tendent

 » Là où on sème l’amour, il ne fait jamais nuit  » (Prov. africain)

 » Les vivants ferment les yeux des morts mais ce sont les morts qui ouvrent les yeux des vivants  » G. Cesbron

« Les personnes que j’accompagne sont des vivants, des hommes et des femmes pressés de se sentir pleinement vivants avant la mort. Je suis le témoin de ces chemins de vie. » Tanguy Châtel

 » D’ une vie à l’autre  » Eric Dudoit

 » Quand la mort éclaire la vie  » Christophe André

 » Les cinq invitations  » Frank Ostaseski

 » Vivants jusqu’à la mort  » Tanguy Châtel

 » Le goûter du Lion  » Ito Ogawa

«  Les 1001 vies en soins palliatifs  » Marie de Hennezel

Je reste à votre écoute,

pour un premier contact, libre et confidentiel.
Merci à vous.