Les sépultures intentionnelles remontent à la nuit des temps, celle immémoriale du Paléolithique moyen, soit 110 000 ans, autant dire une éternité ! En même temps plus lointaines et plus proches de nous, celles de la Grotte de Bruniquel remontent elles, à 176 000 ans ! Qui dit mieux ? Tout en nous reliant à nos lointains frères d’âme, c’est recomposer ce passé antérieur qui fait avec humilité l’humus de notre humanité.
Si cette conscience émotionnelle de la mort est partagée par certains animaux ( grands singes, éléphants, girafes, baleines, dauphins, corvidés, insectes sociaux… & autres créatures pour lesquelles Dieu seul sait à ce jour), la conscience prospective de cette finitude et la capacité à lui donner un sens, semblent être le propre de l’homme. Anticiper the end, nous invite à nous ouvrir à un monde plus grand, plus vaste avec l’idée d’une continuité vers un Nulle Part Ailleurs
C’est là que le rite avec sa dimension symbolique prend place. Il ancre un passage. En célébrant les liens, en honorant ce qui a été vécu, il dit toute notre gratitude pour celui qui a habité nos vies. » Le disparu, si l’on vénère sa mémoire devient plus présent et plus puissant que le vivant « . Et quelles que soient les cultures, ces rites funéraires codifiés et collectifs, affirment l’appartenance à une communauté, renforcent sa cohésion et son lien au sacré *. Cette démarche incarnée qui rassemble et structure le temps, permet à ceux qui restent de dépasser la survie immédiate. Les liens subsistent à la disparition physique
* Sacré : » ça crée, » l’esprit intérieur s’interroge puis impulse le fil de l’inspiration, l’âme agit et débarbouille le coeur
» Un au – revoir n’est pas forcément triste, c’est le temps des moissons, la fête des foins, la fin d’un été. » Au terme d’ obsèques, trop … Obséquieux, je préfère celui de funérailles, grave plus » fun « ! & vous, quelles seraient donc vos funérailles de rêve ? Comment apprivoisez – vous votre histoire avec le défunt, comment vous habillez – vous le coeur & l’ accompagnez – vous à sa dernière demeure ?
Que l’article » Bazar Bizarre » soit une invitation au voyage …
« C’est le temps que tu as perdu pour ton roseau qui fait ton roseau si important. » dit ce grand seigneur de Petit Prince…
Les écrits restent
» Ritualiser la mort » François Damas
» La mort à Byzance » Hélène Ahrweiler
» Les rites funéraires » & » La mort, la vie, les vivants » Robert Aycuy
» L’adieu à l’autre, anthropologie funéraire » & » Le corps du mort, une histoire culturelle » Vinciane Desprès
» L’absence du mort » Michel Certeau
» L’adieu, un art impossible ? » Joël Zaffran
Post scriptum
» On peut juger de la valeur morale d’un peuple à la manière dont il enterre ses morts. » Jean Jaurès
» Une société qui néglige ses morts néglige son avenir. » Jean-Louis Amselle
» Bien accompagner les morts, c’est apprendre à vivre pour les vivants » Louis Bobin
» Si nous ne prenons pas soin d’eux, les morts nous reviennent » Vinciane Desprès
» L’attention portée aux morts est la forme la plus haute de l’amour des vivants. » Simone Weil